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Expresso vs Khabane Lame : l’influenceur engage Me Bamba Cissé pour la bataille judiciaire

Oct 28, 2026  Twila Rosenbaum  7 views
Expresso vs Khabane Lame : l’influenceur engage Me Bamba Cissé pour la bataille judiciaire

La société Khaby Lame srl, établie à Milan et présentée comme détentrice exclusive des droits d'image de l'influenceur mondialement connu Khaby Lame, a publié un communiqué en réponse aux publications parues dans la presse sénégalaise le mercredi 5 juin 2024. Elle y dénonce l'utilisation qualifiée d'« illégale et frauduleuse » de l'image de l'influenceur par l'entreprise de télécommunications Expresso Sénégal. Selon cette société, l'exploitation commerciale se ferait « en violation flagrante des lois sénégalaises et internationales » et ne reposerait sur « aucun contrat en vigueur ».

L'affaire remonte au 17 janvier 2022, date à laquelle Serigne Khabane Lame, dit Khaby, avait signé un contrat d'un an avec le Groupe Expresso Télécom, la maison mère d'Expresso Sénégal. Le contrat prévoyait que sa durée n'était renouvelable que par un accord mutuel des deux parties. À l'issue de cette période, aucune prolongation n'a été conclue, ni par Khaby Lame ni par la société IRON qui le représentait à l'époque. La société milanaise affirme que, plus d'un an et demi après la fin du contrat, Expresso Sénégal continuerait d'utiliser l'image de Khaby Lame pour des campagnes publicitaires.

Face à cette situation, Khaby Lame srl a mandaté le cabinet de l'avocat Me Mouhamadou Bamba Cissé pour intenter une action en justice contre Expresso Sénégal. Le communiqué précise que l'affaire est pendante devant les juridictions sénégalaises depuis plusieurs mois. La société estime que l'utilisation non autorisée de l'image de l'influenceur met en péril plusieurs de ses contrats et espère que la justice sénégalaise interviendra pour faire respecter ses droits et préserver sa carrière.

Les faits clés

  • Khaby Lame srl, basée à Milan, affirme détenir les droits d'image exclusifs de l'influenceur Khaby Lame.
  • La société dénonce l'utilisation de l'image de l'influenceur par Expresso Sénégal sans contrat en vigueur.
  • Un contrat d'un an avait été signé le 17 janvier 2022 avec le Groupe Expresso Télécom.
  • Le contrat n'était renouvelable que par accord mutuel et aucune prolongation n'a été conclue.
  • Plus d'un an et demi après l'échéance, des campagnes publicitaires continueraient d'exploiter l'image de Khaby Lame.
  • Me Mouhamadou Bamba Cissé a été mandaté pour engager une action en justice.
  • L'affaire est pendante devant les juridictions sénégalaises depuis plusieurs mois.
  • Khaby Lame srl affirme que cette utilisation non autorisée met en péril plusieurs contrats de l'influenceur.

Un contrat arrivé à échéance sans renouvellement

Le cœur du litige repose sur la portée d'un contrat signé au début de l'année 2022. Ce document liait l'influenceur au Groupe Expresso Télécom pour une durée d'un an. Il prévoyait explicitement que le renouvellement ne pouvait intervenir que par un accord mutuel des deux parties. Selon la version présentée par Khaby Lame srl, aucune prolongation n'a été formalisée à l'arrivée du terme. La société IRON, qui représentait alors l'influenceur, n'aurait pas non plus conclu de nouvel accord. Cette absence de renouvellement est centrale dans l'argumentation de la société milanaise, qui considère que l'exploitation de l'image de Khaby Lame après l'échéance se fait sans base contractuelle.

Dans le domaine de la publicité et des partenariats commerciaux, la fin d'un contrat ne signifie pas nécessairement la fin de toutes les obligations. Certaines clauses peuvent prévoir une période de transition, un délai de retrait des supports ou des conditions spécifiques pour les campagnes déjà lancées. Mais lorsque le contrat a pris fin et qu'aucun renouvellement n'a été signé, toute nouvelle utilisation de l'image d'une personnalité devient juridiquement sensible. Elle peut être contestée au nom du droit à l'image, du droit contractuel ou des règles encadrant la publicité. Le litige porterait donc sur la question de savoir si Expresso Sénégal disposait encore d'une autorisation valable pour diffuser des campagnes associées à Khaby Lame.

Qui est Khaby Lame et pourquoi son image est-elle stratégique

Khaby Lame est devenu l'une des figures les plus connues du secteur de l'influence. Né au Sénégal et installé en Italie, il s'est fait connaître par des vidéos courtes fondées sur un humour silencieux, accessible sans barrière linguistique. Son succès sur les plateformes sociales lui a ouvert les portes de collaborations internationales avec de grandes marques. Son image est donc devenue un actif commercial de premier plan, géré par une société dédiée, Khaby Lame srl, basée à Milan.

Pour un influenceur de cette envergure, les droits d'image ne se limitent pas à la protection de la vie privée. Ils constituent le socle économique de partenariats publicitaires, de campagnes de communication et d'accords d'exclusivité. Une utilisation non autorisée peut brouiller le message commercial, créer une confusion sur l'existence d'un partenariat et affaiblir la valeur des contrats signés avec d'autres annonceurs. C'est précisément l'argument avancé par Khaby Lame srl : l'exploitation de son image par Expresso Sénégal sans accord en vigueur mettrait en danger plusieurs contrats de l'influenceur et pourrait affecter la perception de ses collaborations.

Le droit à l'image et la protection des personnalités

Le droit à l'image permet à une personne de contrôler l'utilisation de son apparence, en particulier lorsque cette utilisation a une finalité commerciale. Pour une personnalité publique, l'exercice de ce droit s'articule avec les contrats signés, les autorisations données et les usages du secteur. Une entreprise qui souhaite associer son nom ou son visage à une campagne doit généralement obtenir un consentement clair, délimité dans le temps, dans l'espace et dans les supports concernés.

Dans un litige de ce type, plusieurs éléments peuvent être examinés : la date exacte de fin du contrat, les clauses de renouvellement, les échanges entre les parties, la date de diffusion des campagnes contestées et les supports utilisés. La question n'est pas seulement de savoir si un contrat a existé, mais si une autorisation valable subsistait au moment de l'exploitation. Les juridictions peuvent être amenées à évaluer le préjudice moral et économique, notamment l'atteinte à l'image, la perte de chance de conclure d'autres accords ou la dilution de la valeur commerciale associée à la personnalité.

Le communiqué de Khaby Lame srl évoque une violation des lois sénégalaises et internationales. Cette formulation renvoie à la dimension transfrontalière du dossier. L'influenceur est connu mondialement, sa société est basée en Italie et les campagnes en cause sont diffusées au Sénégal. Ce type de situation peut soulever des questions de droit applicable, de compétence des juridictions et de reconnaissance des droits d'image dans plusieurs espaces juridiques. La procédure engagée devant les juridictions sénégalaises s'inscrit donc dans un cadre à la fois local et international.

Expresso Sénégal et les enjeux du marché publicitaire

Expresso Sénégal est un opérateur de télécommunications présent sur un marché fortement concurrentiel. Dans ce secteur, les campagnes publicitaires cherchent à capter l'attention, à renforcer la notoriété de la marque et à associer l'opérateur à des figures populaires. Le recours à des célébrités ou à des influenceurs peut produire un impact important, especially auprès d'un public jeune et connecté. Mais ces collaborations supposent une gestion rigoureuse des droits, des contrats et des calendriers de diffusion.

La controverse intervient dans un contexte où les marques sont de plus en plus attentives à la valeur des partenariats avec les créateurs de contenu. Un accord avec un influenceur mondial peut représenter un investissement significatif, mais aussi un risque juridique si les autorisations ne sont pas clairement encadrées. À l'inverse, pour l'influenceur, la maîtrise de son image est essentielle pour préserver la cohérence de son positionnement et la confiance de ses partenaires. Le dossier opposant Khaby Lame srl à Expresso Sénégal illustre cette tension entre visibilité commerciale et protection des droits.

Les enjeux juridiques et les suites possibles

La société Khaby Lame srl demande à la justice sénégalaise de faire respecter les droits de l'influenceur et de préserver sa carrière. Une action en justice pourrait porter sur la cessation de l'utilisation contestée, sur la reconnaissance d'un préjudice et, le cas échéant, sur des demandes de réparation. L'issue dépendra des pièces produites, de l'interprétation du contrat initial et de la preuve des utilisations postérieures à son échéance. Les juges devront déterminer si Expresso Sénégal disposait d'une autorisation encore valable ou si l'exploitation de l'image s'est poursuivie sans base légale.

Au moment de la publication du communiqué, aucune réponse publique détaillée d'Expresso Sénégal n'a été rapportée dans les éléments disponibles. L'affaire reste pendante devant les juridictions sénégalaises depuis plusieurs mois. Elle devrait être suivie avec attention par les acteurs du monde de l'influence, du droit à l'image et de la publicité, car elle touche à des questions essentielles : la durée réelle d'un contrat, la portée d'une autorisation commerciale et les conséquences d'une utilisation prolongée de l'image d'une personnalité après la fin d'un accord.


Source: Seneweb News


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